Discrétion et soin

Par Philippe Merlier
Français

La discrétion est un principe éthique du soin : tel est le propos du présent article. Ce n’est pas seulement l’acte de soin, c’est aussi la parole soignante qui doit être discrète, dans les différents sens du terme : la prudente retenue, le discernement de ce qu’il y a à dire (quoi, à qui, quand, comment), la discontinuité et le partage d’un « dit-secret ». Mais la discrétion est une attention à l’autre et une forme de douceur que le temps est venu de cesser d’assigner au genre féminin. C’est un savoir-être de la présence et du retrait, qui ne relève ni d’un savoir ni d’un pouvoir. Deux types de situations indignes retournent le soin contre lui-même : l’indiscrétion dans le soin, et le pourvoyeur de soin qui, s’oubliant lui-même, confond discrétion et disparition de soi. Trop absent et en retrait, le soignant se nie ; trop présent et indiscret, il devient un soi niant. Tout soin véritablement digne est discret.

Mots-clés

  • discrétion
  • soin
  • présence
  • retrait
  • douceur